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Poète, écrivain, journaliste, musicologue, polyinstrumentiste, haut fonctionnaire et compositeur, Francis Bebey était plutôt d’une nature curieuse. De sa naissance en 1929 à Douala à sa disparation à Paris en 2001, cet immense autodidacte aura goûté à de nombreux champs de la création sans jamais faire de hiérarchie ou de compromis. Sa carrière prolifique et multiple en fait l’un des plus grands artistes camerounais bien que sa redécouverte soit lente et les rééditions de sa musique  restent trop rares (cf sources).

SALTIMBANQUE. Voici un épisode de la vie de cet innovateur africain, qui donne un aperçu de la bougeotte créatrice qui l’animait. Nous sommes en 1974, après une carrière littéraire et musicale déjà longue et jalonnée de succès, Francis Bebey est devenu directeur des programmes musicaux pour le monde entier à l’UNESCO depuis presque une décennie. Cette fonction ne lui convenant plus, il décide de “mener une vie saltimbanque” et annonce à sa famille: “nous allons peut être manger de la vache enragée mais nous devrions bien nous amuser…”
Délaissant le confort matériel pour la liberté d’artiste, ce touche-à-tout de génie s’enferme dans son appartement parisien et se lance dans la musique électronique, à la même époque que ses confrères de Kraftwerk ou Neu!.  Usant de sa capacité à envelopper la gravité dans la désinvolture (La condition masculine, Agatha…), recourant aux synthétiseurs et boîtes à rythmes,  ce pionnier de l’électro développe un son unique presque tradi-moderne, funky et biscornu. L’histoire musicale de Francis Bebey est faite de lents mûrissements et de virages à 180 degrès, entre tradition et avant-garde, humour et gravité, français et douala, Bebey l’inclassable explose les clichés folklorisants que « la musique du monde » peut parfois nous servir et démontre qu’avec lui l’Afrique a de l’avance.

RENCONTRES. Pour évoquer cet artiste inspiré nous sommes allés à Paris rencontrer sa fille Kidi Bebey qui nous aide à  suivre le fil  de ses nombreuses carrières. Puis dans un deuxième temps, JB Wizz patron du label Born Bad Records (label rock oeuvrant pour la redécouverte de musique étrange et oubliée),  nous parle particulièrement de la période électronique de Francis Bebey.

PIÈCES DIFFUSÉES: 

[05:06]  FRANCIS BEBEY – The coffee cola song
[04:13]  FRANCIS BEBEY – Stabat mater dolorosa
[03:50]  FRANCIS BEBEY – Pigmy love song
[06:18]  FRANCIS BEBEY – Rwanda
[03:54]  FRANCIS BEBEY – Fleur Tropicale
[08:18]  FRANCIS BEBEY – New track
[03:25]  FRANCIS BEBEY – La condition masculine
[02:38]  FRANCIS BEBEY – Il n’y a pas de crocodiles à Cocody
[03:32]  FRANCIS BEBEY – Savanah Georgia

SOURCES:

Francis Bebey –  African Electronic Music 1975-1982, 2012, Born Bad Records

Francis Bebey – La Belle époque, 2011, COFFRET 4CD,  RFI, Rue Stendhal  

                   Damien Laval

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